Triduum Pascal 2022 : De Golgotha à la Résurrection

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Le jeudi saint marque l’histoire de l’institution de l’Eucharistie dans laquelle la présence du Christ s’impose désormais à l’humanité à travers le temps et les âges. Pas si sûr que notre intelligence limitée comprenne le mystère d’un Christ contenu dans le pain et le vin devenus son Corps et son sang.  Il vaut mieux d’ailleurs qu’il en soit ainsi, car la compréhension de ce mystère aurait donné des ailes à notre foi qui serait devenue plus vaniteuse qu’elle ne l’est déjà, en raison de notre prétendue maitrise du Christ. Entre trahison de Juda et lavement des pieds de ses apôtres, Jésus se retrouve pris au piège de l’accomplissement de la volonté de son Père et de l’expression ultime de sa mission : être serviteur de l’humanité à la manière d’un esclave relégué au dernier rang de la considération humaine. Il n’ya pas d’être humain qui puisse  laver les pieds de son semblable s’il n’y gagne aucun intérêt, dans ce monde où tout se paye, y compris la transmission de la foi, conditionnée par ceux qui pensent tenir les ficelles de l’évangile du Christ, dans l’art de la manipulation des consciences des plus faibles. Le jeudi saint est  donc le jour du sacerdoce, c’est-à-dire de la gratuité et de l’intégrité. Gratuité dans le service, et intégrité dans la transmission de l’évangile : «  faites cela en mémoire de moi », dit le Christ, en mémoire du maître dont le serviteur fidèle ne doit transmettre que ce qu’il a reçu. Ainsi, en priant pour tous les prêtres en ce jeudi saint, nous prions pour que seul l’Esprit du Christ, grand prêtre par excellence, règne en eux,  au-delà de toute subjectivité dans un dépouillement total.

C’est le vendredi saint qui manifeste mieux ce dépouillement. La liturgie nous plonge une fois encore dans la passion du Christ où se mélangent à la fois l’extrême cruauté de l’humanité face à son sauveur, et la fidélité du Christ envers son Père. Le vendredi saint nous enseigne que notre recherche permanente du pouvoir nous conduit à l’ingratitude envers Dieu. C’est ici que l’homme crucifie Dieu, là où ses intérêts ne correspondent pas à la volonté à de Dieu. L’homme cherche dès lors, les alternatives relatives à la logique du monde : envie, diffamation, calomnies, meurtre…

Si les deux premiers jours du Triduum Pascal dessinent le tableau d’une fin de mission désastreuse du Christ, la vigile pascale quant elle, fait comprendre à toute personne qu’au bout de la passion se trouvent des jours meilleurs. La résurrection du Christ est l’aboutissement de l’accomplissement des Ecritures certes, mais elle est aussi la réponse que Dieu donne à ceux qui savent vivre dans l’espérance, des jours meilleurs après la galère.

 Bon Triduum Pascal !!

Pata KANGUE, CSSp
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