Homélie du 1er Dimanche de Carême B, 18.02.2024, «… Au désert, là où le Christ nous parle. »

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Genèse 9, 8- 15

Psaume  24 (25), 4-5ab, 6-7, 8-9
1 Pierre 3,  18-22
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 12-15

« En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé  Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. »  Voilà un tableau un peu effrayant en ce début de carême, au moment où tout notre Esprit est focalisé sur le Christ, raison de notre sécurité matérielle et spirituelle. Il n’est pas bon que nous soyons tentés par Satan, surtout pas en ce temps où nous avons certainement pris des résolutions fermes afin de vivre un carême sans tâches, ni rides, aux restrictions de tout genre. Par la prière du « Notre Père », nous rappelons à Dieu qu’il ne doit pas nous laisser «entrer en tentation. » Est-ce par peur ou alors à cause de la recherche extrême de la sécurité auprès du Seigneur ? Tout y passe ! La peur nous fait oublier que nous sommes des êtres humains et que, nous cohabitons avec le mal ; et la recherche extrême de la sécurité auprès de Dieu nous fait oublier que notre fidélité à la foi en ce Dieu, exige justement de nous, les combats permanents contre Satan. Le carême est donc la prise de conscience que nous vivons dans un monde où règnent le mal et les tentations, ce qui nous exige de prendre des moyens nécessaires pour surmonter le mal ; c’est l’exercice du Christ au désert au tout début de sa vie publique.

Il n’y a donc finalement rien d’effrayant au fait que Jésus soit tenté par Satan, car c’est au cœur de ces tentations qu’il impose son identité de Fils de Dieu dans un monde qui n’écoutera pas forcément son évangile qui appelle à la conversion. Fils de Dieu, il l’est, et le texte le signifie par la présence des anges qui le servent en pleine atmosphère du désert rude, hostile, et aussi sec que l’est tout ce qui s’y trouve, à l’exemple des bêtes sauvages qui y vivent, et avec lesquels Jésus doit pourtant faire bon ménage, tout comme l’avait fait Jean-Baptiste en son temps, et la similitude n’est pas du tout hasardeuse. Tout est dit de ce monde qui ne fait pas de cadeau à l’être humain, où Satan, dans son courage extrême, ose tenter même le Fils de Dieu. Vu sous cet angle, le carême est loin d’être un fleuve tranquille dans lequel nous espérons vivre notre piété à l’abri de tout danger et de toute tentation, comme si ce temps de carême nous offrait un ticket facile vers Pâques, c’est-à-dire vers la réalisation de nos attentes sans embûches. Le Christ nous montre que nous devons  intégrer la notion du tentateur dans notre vie de foi. La foi naïve consiste à ignorer le monde dans lequel nous vivons, ses réalités et son coté obscur qui peuvent nous éloigner de Dieu ; c’est là précisément que nous devons travailler tout au long de notre carême : vaincre notre insécurité spirituelle par l’assimilation de la Parole de Dieu qui nous réconforte en nous enseignant comment vivre de façon harmonieuse dans ce monde de tentations, là où le Christ nous parle et nous rassure de sa présence.

Bon carême !

Pata KANGUE , CSSp 

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