Homélie : Triduum Pascal 2024, Année  B ; « Etre du Christ pour ressusciter avec Lui »

Jeudi, 28.03.2024, Jeudi Saint:(Fêtes des Prêtres) Exode 12, 1-8.11-14 / Psaume (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18 / 1 Corinthiens 11, 23-26 ;  Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15
Vendredi, 29.03.2024, Vendredi Saint: Isaïe 52, 13 – 53, 12 / Psaume (30 (31), 2ab.6, 12, 13-14ad, 15-16, 17.25) /  Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9 /  Passion de notre Seigneur Jésus Christ  selon  saint Jean 18, 1 – 19, 42)
Samedi 30.03.2024, samedi Saint 🙁 Vigile Pascale) : Exode 1, 1+… ; Romains 6,3b-11; /  Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16, 1-7

La fin du carême nous plonge dans les textes de la passion où le Christ révèle la fin de sa  mission sur terre ; faire la volonté de son Père jusqu’au bout, jusqu’au prix de son sang à cause de l’humanité pour laquelle il s’est fait homme, mais qui, paradoxalement est la cause de sa passion. Du dimanche des Rameaux jusqu’au vendredi saint, Jésus nous fait découvrir la gloire de Dieu son Père qui habite en lui, mais aussi le coté le plus ingrat de l’humain, ce coté sombre qui est inhérent à notre nature et dont nous avons du mal à nos débarrasser même devant Dieu. Ce coté sombre se résume à deux choses essentielles : le manque de reconnaissance et surtout le refus catégorique de voir souvent en Jésus, notre Christ et notre Messie.
Qui de nous peut affirmer sans gêne, être reconnaissant en tout temps, devant les services et les bienfaits des autres ? La mauvaise foi qui dirige notre orgueil relève du manque de considération et du manque de l’appréciation des choses à leur juste valeur. Si donc, nous n’arrivons pas à être reconnaissant entre-nous, comment le serions-nous envers le Fils de Dieu qui a souffert la passion pour nous ? Le premier acte de l’homme est de se réconcilier d’abord avec ses semblables avant de se réconcilier avec le Christ. C’est la leçon que nous donne Jésus le jeudi saint ; s’abaissant  à la hauteur de notre taille, il lave les pieds de ses disciples, il lave ce qu’il y a de plus sale et de plus répugnant en nous et dans l’humanité entière ; un véritable défi d’humilité qui nous est donné de relever. Ce temps de carême était donc propice pour que chacun de nous descende de son piédestal et lave les pieds de son prochain selon la recommandation du Christ : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Or, Jésus sait très bien qu’aussi longtemps qu’en nous, le mépris des autres fera sa demeure, il nous faudra encore un long parcours de maturation pour atteindre le stade de chrétiens, c’est-à-dire de ceux qui appartiennent au Christ et qui applique ses commandements.
La célébration de la passion du Seigneur le vendredi saint quant à elle, remet une fois encore sur la table, notre capacité à pouvoir comprendre un tel épisode de la vie du Christ. Combien de fois n’avons-nous pas été contre ce Christ silencieux devant nos prières ? Chrétiens de notre état, nous pensons que tout nous est dû d’avance : les honneurs, la gloire et les miracles de Jésus, excepté sa souffrance que nous ne voulons pas endosser. Et la liturgie du vendredi saint sait combiner à la fois, la souffrance de la Passion et le silence qui nous impose de contempler le mystère que nous célébrons, sans exiger du Christ comme d’habitude, qu’il vienne résoudre nos problèmes interminables. En ce vendredi saint, nous faisons corps avec le Christ, en développant notre sentiment de compassion dans le silence qui dit la fin de l’aventure terrestre du Fils de Dieu. Et dans cette liturgie du vendredi saint, l’occasion nous est donné de nous taire au moins une fois dans notre vie, afin d’écouter aussi la voix du Christ qui parle à travers les autres ; ce qu’ils ont à nous dire et à nous apprendre.
C’est à la suite de ce contexte là que le samedi saint vient complètement rompre avec la passion et le silence de la mort, en restaurant le Christ dans son identité originelle : Vivant pour les siècles auprès de son Père et au-dessus de cette humanité par laquelle il a été condamné. Pour celui qui sait comprendre, il s’agit de notre résurrection après les échecs quotidiens. Il faut tuer en nous tout ce qui est indigne de notre foi, afin qu’en nous, ressuscite une nouvelle vie faite de nouvelles perspectives. Le silence de la mort est vaincu par la joie de la résurrection. Tel est le sens de la fin du carême et de la Pâque du Seigneur.
Bon Triduum Pascal !

Pata KANGUE, CSSp

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