Le domaine particulier de Dieu. – Homélie du Vendredi de la 28è semaine du Temps ordinaire, 16.10.2020 Année A

Le domaine particulier de Dieu. – Homélie du Vendredi de la 28è semaine du Temps ordinaire, 16.10.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux  Éphésiens 1, 11-14
Psaume  32 (33) « Heureux le peuple que le Seigneur s’est choisi pour domaine. »
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Luc  12, 1-7

«  Dans le Christ, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. » Dieu et le Christ ; deux personnes synonymes du gage de notre salut. En réalité, il s’agit d’une seule personne qui est à l’origine de notre vie et de son bien-être. Dieu, maitre du domaine. Il est de bonne guerre que toute invention appartienne à son auteur, et nous sommes le domaine de Dieu parce que nous sommes ses créatures. Et si tout créateur a besoin d’un brevet d’invention pour légitimer son œuvre, alors le brevet d’invention de Dieu, c’est le Christ qui fait de nous les fils de son Père.

Ce que l’apôtre Paul écrit aux Ephésiens, n’est certainement pas du goût de notre monde actuel qui y voit une fois encore un désir d’asservissement de l’homme par Dieu et le Christ, ce qui rend difficile la mission de l’évangélisation de nos jours. Parler du Christ qui fait de nous, le domaine de Dieu son Père, reviendrait tout simplement à dire que notre faculté à disposer de nos choix et projets de vie, s’annule devant la volonté de Dieu en nous. L’évangile serait alors dans le contexte actuel, une forme de dictature spirituelle qui imposerait Dieu à tout prix et à tous les prix. Or une telle compréhension de Dieu passe largement à côté de la dignité humaine voulue par le créateur Lui-même qui, dès l’origine du monde, a mis toute chose sous la domination de l’homme. Il n’est donc pas question pour Dieu d’aliéner la liberté de l’homme : liberté de se mouvoir, de penser, de créer, et surtout de choisir. Il n’est pas non plus question pour l’évangélisation de contraindre le monde à la parole de Dieu, mais de faire connaitre et d’expliquer sa volonté pour l’humanité, en rappelant les bienfaits de ceux qui choisissent d’y adhérer. C’est donc une question de choix en fin compte, et c’est finalement ce que dit saint Paul à savoir ; ne peuvent être « domaine particulier de Dieu » dans le Christ que ceux qui ont « d’avance espéré dans le Christ ». L’espérance suppose une adhésion libre de chacun de nous à la personne du Christ, mais elle suppose aussi qu’au milieu de toutes les voies proposées par notre monde actuel en vue du salut de l’homme, seul le Christ reste la voie d’accès par excellence au salut prôné par Dieu son Père ; le contraire aurait été un paradoxe de Dieu Lui-même.

Pata  KANGUÈ, CSSp.
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Que Dieu respecte notre liberté, il n’y a pas à en douter, c’est lui qui nous en fait le don en nous donnant la vie.Or, nous sommes créés à son image et à sa ressemblance.Nous pouvons choisir, Le choisir, répondre à son amour en l’aimant à notre tour. Pour aimer, il faut être libre.Pour respecter notre liberté d’aimer, pour que nous restions infiniment libres, Dieu y a mis le prix:la Passion de son Fils, manifestation de sa Passion pour nous, qui va jusqu’à l’extrême. Seul Dieu est capable d’aimer de cette façon, et les mots utilisés pour nous le dire, qu’ils soient de St Paul ou de quelqu’un d’autre, ne suffiront jamais à en rendre l’intensité.
    Merci Père Etienne

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