Le devoir de discrétion – Homélie du Mercredi de la 11è semaine du Temps ordinaire, 17.06.2020 Année A

Le devoir de discrétion – Homélie du Mercredi de la 11è semaine du Temps ordinaire, 17.06.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture du deuxième livre des Rois 2, 1.6-14
PSAUME –30 (31) «Soyez forts, prenez courage,vous tous qui espérez le Seigneur !»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6, 1-6.16-18

Dire à qui veut l’entendre ce qu’on est, et surtout ce que l’on a fait pour les autres est une caractéristique de notre époque contemporaine qui considère qu’agir en silence serait l’expression d’une impuissance et d’une non reconnaissance de nos actes glorieux. Le Christ continue ses recommandations en guise de code de conduite vis-à-vis de son Père. Ici, le devoir du chrétien auquel nous sommes invités, allie à la fois nos gestes de charité et nos prières adressées à Dieu sous le sceau de la discrétion.

Les adeptes de l’autoglorification se sentiraient probablement mal à l’aise dans la peau d’une vie en dehors de toute publicité, étant donné que pour eux, tout geste posé dans le cadre d’une action charitable mérite d’être connu. Jésus s’adresse à un auditoire qui a érigé la charité et la prière sur les panneaux publicitaires, défiant ainsi toutes les règles du savoir vivre. À tort ou à raison, notre égo a soif d’un mérite qui serait la conséquence de ses prouesses. Et puis, un bienfait réalisé dans la discrétion sert-il vraiment à l’édification de son auteur, si ce n’est pour la satisfaction de celui qui en profite ? Et un Dieu qu’on prie en silence aurait-il les oreilles assez ouvertes pour nous écouter, surtout que notre silence ne dit aucun mot?

Les deux questions sont justifiées dans le cadre de notre humanité, mais elles nous font oublier que le bruit et la publicité frisent un pharisianisme dont le seul but est l’expression de l’hypocrisie, surtout dans le domaine spirituel : «Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. » Décidément il n’est pas facile d’être fils de Dieu, il est beaucoup moins facile encore de vivre en fils de Dieu ; mais Dieu n’attend pas grand-chose de nous en réalité, même pas nos prières, car il peut s’en passer et transformer des pierres en enfants qui loueront son nom. Le souci premier de Dieu (et on ne le dira jamais assez), c’est de réserver ses bienfaits à ceux qui le craignent comme le dit le psaume d’aujourd’hui. Et puisque la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, alors cette sagesse nous enseigne que la charité et la foi véritables ont horreur du bruit et de la gesticulation inutile.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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