La nuit des lumières – Homélie du Samedi Saint, Messe de la Vigile Pascale. 11.04.2020 Année A.

La nuit des lumières – Homélie du Samedi Saint, Messe de la Vigile Pascale. 11.04.2020 Année A.

          

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 1-10

 

Ceux qui ont l’habitude de la veillée pascale savent que c’est la messe à la liturgie la plus longue de l’année : sept lectures de l’ancien testament qui retracent le récit de la création, l’amour de Dieu envers son peuple (par la libération de ce dernier et la traversée de la mer rouge), et l’alliance de Dieu envers l’humanité, résultat de la fidélité infaillible d’Abraham. Puis vient ensuite l’épître de Paul aux Romains, qui nous redit la nouveauté du Christ dans nos vies à travers le baptême.

Ce que nous retenons de la semaine sainte, c’est cette pseudo puissance de l’homme sur son créateur, sa prétention à juger, condamner et même à anéantir Dieu sur terre, par l’institution des pensées et philosophies nouvelles au service de la folie des grandeurs et du pouvoir, à l’instar de Pilate, illustration parfaite de cette conviction illusoire : «  ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher et de te crucifier ? » dit-il à Jésus. Pilate ignore certainement le récit de la création présenté par le livre de la genèse, première lecture de notre célébration d’aujourd’hui. C’est Dieu qui est le maitre de la vie, qui fait naître à l’existence, qui ordonne et transmet son pouvoir à tout ce qui existe, mieux à tous les êtres créés par Lui. Cette ignorance de Pilate lui vaut bien « le rappel mémoire » du Christ : « tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut. » (Célébration de la passion du  vendredi saint.)

Ce pouvoir de Dieu sur la vie et tout ce qui existe, nous en sommes témoins et bénéficiaires par notre foi. C’est la raison de notre célébration d’aujourd’hui et de tous les jours dans l’eucharistie c’est-à-dire la pâque du Seigneur ressuscité. Elle signifie le résultat victorieux de nos combats au terme desquels nous sommes récompensés par la grâce de Dieu ; grâce qui nous donne la force de résister aux échecs et aux souffrances de toute sorte, afin de continuer malgré tout, à vivre et à donner un sens à notre vie.

 Et pour nous qui ne pourrons pas célébrer cette vigile pascale cette année à cause des restrictions imposées par la pandémie du Covid 19, nous voici face à ce qui aurait pu être une issue heureuse d’un parcours catéchétique qui avait si bien démarré par la préparation aux sacrements dans nos différentes églises en Europe, et qui aurait donné à la célébration de notre veillée pascale une empreinte que nous attendions : baptêmes et premières communions en cette nuit de fête. Qu’importe ! Loin de la déception et du découragement, nous portons en nous l’espérance de pâque, et le message de l’ange sur la pierre tombale du Christ, résonne aussi en nous comme en tous ceux qui, cierges allumés en mains, dans les églises en cette nuit, crieront autour du grand cierge pascal : « Alléluia, Christ est vraiment ressuscité ! »

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp.

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Cet article a 6 commentaires

  1. Paul NANFACK

    Pas mal. Un seul mot : continue

  2. Augustine bakop

    Christ est vraiment au dessus de tout. Christ a vaincu la mort. Alléluia amen

  3. “…la grâce de Dieu; grâce qui nous donne la force de résister aux échecs et aux souffrances de toute sorte afin de continuer malgré tout à vivre et à donner un sens à notre vie. ” Merci père Etienne, de manière anticipée : joyeuse fête de Pâques.

    1. Pata KANGUE

      merci Hubert. Joyeuses fêtes à toi et à tous!

  4. Augustine bakop

    En cette veillée pascale, le seigneur Jésus a brisé les murs de l’enfer. Il est sorti vainqueur du tombeau comme il avait promis. Il a ouvert le chemin de l’espérance.

  5. Moreau thérèse

    Merci. Que dire sinon accueillir en silence et en profondeur cette interpellation si forte et si actuelle? Une homélie à recevoir et à vivre!@@@

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