Homélie : Triduum Pascal 2023 A ; « Purifiés par la Résurrection du Christ »

Jeudi Saint:(Fêtes des Prêtres) Exode 12, 1-8.11-14; Psaume (115 (116b), 12-13, 15-16ac, 17-18 ;
1 Corinthiens 11, 23-26 ;  Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15
Vendredi Saint: Isaïe 52, 13 – 53, 12 ; Psaume (30 (31), 2ab.6, 12, 13-14ad, 15-16, 17.25)
Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9 ;  Passion de notre Seigneur Jésus Christ  selon  saint Jean 18, 1 – 19, 42)
Samedi Saint 🙁 Vigile Pascale) : Exode 1, 1+… ; Romains 6,3b-11;                                                                        
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 1-10
«  Jésus… se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » A-t-on déjà vu de mémoire d’homme, un patron qui lave les pieds de son subalterne ? Un acte qui sort de l’ordinaire restera toujours exceptionnel aux yeux de ceux qui ont le sens des valeurs, et Pierre est de ceux qui donnent du sens aux personnes et aux actes. Il était donc inconcevable pour lui d’accepter de se faire laver les pieds par le Rabbi, de peur de soumettre son maître à l’un des actes les plus ignobles qui puisse exister. Le jeudi saint nous offre ainsi l’opportunité d’un nouveau regard sur la personne du Christ et sa mission, renversant de ce fait les canons établis par la norme qui stipule que c’est le maitre qui doit être servi par ses sujets et non l’inverse. Et comme Pierre, nous restons de marbre devant la logique incompréhensible du Christ qui ira encore plus loin, en offrant à l’humanité un mystère tout aussi incompréhensible que son contenu : son Corps dans un morceau de pain, et son Sang dans une goutte de vin, comme présence réelle et permanente au milieu de nous et en nous : «  Ceci est mon Corps, prenez et mangez…Ceci est mon Sang, prenez et buvez ! » Alors la réponse du Christ à Pierre, prend tout son sens : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Chacun de nous a besoin d’être lavé par le Christ, c’est-à-dire, d’être purifié s’il veut avoir part à son Corps et à son Sang, plus particulièrement les prêtres dont c’est la fête en ce Jeudi Saint, jour de l’institution de l’Eucharistie et par ricochet,  du Sacerdoce ministériel. Notre purification intégrale vient de Jésus Lui-même.
C’est aussi cette exigence de purification que nous présente le vendredi saint. La lettre aux Hébreux dit du Christ qu’il est  «  le grand prêtre par excellence » en qui il n’y aucun péché ; et il « est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel ». La mission du Christ est donc de nous faire parvenir au salut c’est-à-dire à la Gloire de son Père ; or si le Christ est sans péché, il ne peut nous vouloir que comme Lui, purifiés de toutes souillures afin d’êtres des fils dignes de son Père. Cette mission du christ se heurte à notre vécu imprégné de notre quotidien fait de  l’expérience perpétuelle du péché. Il n’y a pas de nécessité de purification là où le péché n’existe pas ; si nous sommes les êtres toujours en quête de purification, c’est parce que nous sommes aussi des êtres, dans lesquels le péché a dressé une partie de son lit.
Tout atteint son apogée en cette nuit de la Vigile pascale (samedi saint), où la célébration s’ouvre pas le chant de la joie de la Résurrection du Christ, victoire sur le péché et sur la mort : « Qu’éclate dans le ciel la joie des Anges ». Les mêmes anges qui, jadis, chantèrent la naissance du Christ sur terre, chantent cette fois-ci, sa résurrection d’entre les morts, c’est-à-dire sa naissance au Ciel : « Le Christ ressuscité triomphe de la mort !» Telles sont les paroles de ce chant appelé « Exultet », qui retrace l’histoire de l’humanité pécheresse, sauvée par la mort et la Résurrection du Fils de Dieu. Dans l’évangile de cette nuit pascale, l’Ange du Seigneur n’a qu’un message à passer au sujet du Christ : «  Allez dire…il est ressuscité d’entre les morts ».
Pâques est le moment ultime de notre foi chrétienne, moment au-delà duquel toute expression de la foi devient théories stériles, car la Résurrection du Christ met fin à notre créature pécheresse puisque par cette résurrection nous sommes purifiés ; et même si le péché continue son œuvre dans le monde, l’Esprit du Christ qui habite en nous par le baptême, nous fait crier vers Dieu et nous libère du joug du malin. Par la Résurrection du Christ, nous sommes donc purifiés en permanence, pour la Gloire de Dieu.
Bon Triduum Pascal !

Pata KANGUE, CSSp

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