Transfigurés par le Christ – Homélie du Jeudi de la 18è semaine du Temps ordinaire, 06.08.2020 Année A

Transfiguration du Seigneur

PREMIERE LECTURE – Lecture du  livre du prophète  Daniel 7, 9-10.13-14
Psaume 96  « Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre »
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Matthieu 17, 1–9

Il n’est pas aisé de comprendre cette vision décrite par Daniel dans la première lecture. L’une des interprétations de ce fragment de texte a donné lieu à l’idée selon laquelle Dieu serait un grand vieillard à la barbe blanche, qui est assis sur sa chaise pour sévir. Et pourtant cette vision relate avec précisions, la puissance de Dieu transfigurée en son Fils Jésus.

S’il n’y avait pas eu d’épisode de la transfiguration pendant la vie terrestre du Christ, nous n’aurions certainement pas compris que la proximité de Jésus avec l’humanité n’annulait pas son identité divine. En effet, de même que la voix de son Père se fit entendre le jour de son baptême dans le Jourdain, elle se renouvelle une fois encore en des termes similaires: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Le but en réalité n’est pas seulement de rappeler que Jésus est le Fils de Dieu, c’est en soi une évidence,  puisque la transfiguration à elle seule fait trembler les trois apôtres qui en sont témoins oculaires, elle fait même dire des choses incohérentes à Pierre qui veut construire des tentes sur cette montagne, lieu de l’événement; le vrai but de cette voix, est d’ordre pédagogique : faire comprendre à l’humanité le processus et l’itinéraire de l’incarnation ainsi qu’il suit: « au commencement était le Verbe, le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu » (Jean 1, 1-5). C’est donc ce Verbe qui reçoit de son Père, puissance et domination sur l’univers, selon la vision que Daniel nous présente dans la première lecture. Et c’est aussi ce Verbe qui s’est fait chair pour habiter parmi nous. Voilà la première étape de cet itinéraire. 

La deuxième étape consiste en la contemplation de la vie terrestre du Christ par la réalisation de tout ce que les prophètes  avaient annoncé: les malades sont guéris, les boiteux marchent, les aveugles voient et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. (cf. Isaïe 61, 1). C’est l’étape de la vérification par ceux qui ont encore les cœurs durs et qui ont du mal à accepter l’existence d’un Dieu fait homme en son Fils, et qui de surcroît se laisse toucher par l’humanité pécheresse. C’est l’étape de la confusion la plus terrible de notre foi ; et pourtant si le Christ se laisse toucher par nous, c’est pour que nous soyons transfigurés par Lui. La transfiguration n’est donc pas un fait nouveau pour le Christ, car elle n’ajoute rien de plus à son identité, elle est la confirmation de Dieu en son Fils aux yeux du monde, confirmation d’une identité divine non usurpée qui nous offre un certificat d’assurance sur le fait que notre foi en Jésus-Christ n’est pas vaine si nous suivons la consigne du Père «  écoutez-le ! »

Père  Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp

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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    On pourrait imaginer qu’après une telle vision, les 3 apôtres étaient parés pour affronter le pire. La suite nous prouvera le contraire: fuite devant le danger, non-compréhension du parcours salvateur du Maître, reniement, peur viscérale…la totale quoi! Eux qui avaient entrevu la gloire du Christ semblent avoir tout oublié au moment de l’Heure du Christ.Et même au moment des apparitions du Ressuscité, ils trembleront encore de peur, enfermés dans le Cénacle. Il faudra le Don de l’Esprit pour que toutes les pièces se remettent enfin en place et qu’ils deviennent alors des témoins intrépides jusqu’au don de leur vie.Et nous, qui recevons leur témoignage, comment vivrons-nous cette fête aujourd’hui? Allons-nous enfin l’écouter , appliquant enfin la consigne du Père? Merci de tout coeur, Père Etienne, pour ce solide enseignement qui remet sans cesse notre petite foi en question.

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