« Priez le maître de la moisson » – Homélie du Jeudi de la 26è semaine du Temps ordinaire, 01.10.2020 Année A

« Priez le maître de la moisson » – Homélie du Jeudi de la 26è semaine du Temps ordinaire, 01.10.2020 Année A

Sainte Thérèse de l’enfant Jésus

PREMIERE LECTURE – Lecture du livre de Job 19, 21-27
Psaume  26 (27) « J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.»
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Luc 10, 1-12

« La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Recommandation de Jésus aux disciples qu’il envoie en mission. Convaincu que le nombre de ses disciples n’est pas proportionnel à la charge de la mission qui les attend, Jésus demande de prier le maitre de la moisson (son Père) d’envoyer des ouvriers (beaucoup plus de disciples) sur le terrain de la mission. En d’autres termes, c’est l’appel à la vocation. Chose étrange, car s’il faut dire que la mission a été instituée depuis plus de 2020 années, alors il faut avouer que le Christ avait déjà lu il ya 2020 ans, la situation de crise vocationnelle que notre église traverse en ce moment.

Ceux qui sont passés par le noviciat (année préparatoire à la vie religieuse), connaissent très bien cette recommandation du Christ devenue « prière pour les vocations ». Il ya un moment où une telle prière relevait d’une ironie, tant ces congrégations regorgeaient tellement de candidats, à tel enseigne que le devoir du discernement exigeait même une rigueur qui rendait difficile la possibilité d’envoyer les ouvriers à la moisson. Ce fut le temps de vaches grasses pour les vocations et nul ne pouvait  alors penser que la recommandation du Christ ressortirait de ses cendres après tant de siècles, pour répondre à une crise que traverse l’église ; la crise des vocations !

L’église a-t-elle été absente de sa propre prière en matière de vocation ? Rien n’est moins sûr. Il n’est pas exagéré de penser que les effectifs pléthoriques qui jadis, faisaient le bonheur des maisons de formations religieuses ont été une sécurité illusoire en matière de vocation. En s’appuyant sur ses acquis, l’église a oublié la mise à jour de son approche vocationnelle face à l’évolution des sociétés. Cette approche est intimement liée à la reformulation de l’évangélisation qui doit tenir compte des aspirations des jeunes gens pris entre l’appel à la mission évangélisatrice et le désir de leur bien-être quotidien.

« Priez le maitre de la moisson » ; réponse unique à une situation qui dépasse les seules capacités humaines, car de même que le Christ choisit Lui-même ses disciples, Dieu seul est à l’origine des vocations et du choix des ouvriers pour sa moisson.

Pata  KANGUÈ, Cssp.
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Ce commentaire est pertinent parce que vous êtes, en temps que missionnaire, membre d’une congrégation religieuse très au fait de cette problématique. Et donc, prions, en particulier en ce mois d’octobre, mois de la mission universelle. Que Notre-Dame du Rosaire intercède pour que de nombreux jeunes répondent à l’appel du Christ. Et que, lorsqu’ils auront répondu, ils s’attachent avec fidélité et sans réserve, à la mission que le Seigneur leur confie.Tous, cependant, de part notre Baptême, nous sommes aussi appelés à travailler à la Vigne, chacun à notre place, aussi modeste puisse-t-elle paraître.Que Sainte Thérèse, patronne des missions, nous aide à le faire avec dévouement et désintéressement. Merci Père Etienne.

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