Le véritable sabbat – Homélie du Samedi de la 22è semaine du Temps ordinaire, 05.09.2020 Année A

Le véritable sabbat – Homélie du Samedi de la 22è semaine du Temps ordinaire, 05.09.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 4, 6b-15
Psaume 144 (145) « Proche est le Seigneur de ceux qui l’invoquent.»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6, 1–5

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » il ne faut surtout pas croire que Jésus est contre le sabbat, lui qui dit être venu pour accomplir la loi et non pour l’abolir. Cependant, il y a des cas qui nécessitent un minimum de bon sens, et c’est ce à quoi nous invite le Christ : Dieu est le Dieu de la vie et non de la mort. Laisser mourir l’être humain de faim serait un aveu d’échec pour le Christ. Que ses disciples agissent en opposition de phase avec la loi en arrachant les épis de maïs le jour du sabbat, n’annule pas le respect de ce sabbat. Tout est justifié en Dieu par Jésus-Christ pour la bonne cause. Que s’est-il réellement passé avec David pour que Jésus le cite?

Nous sommes en pleine guerre et David est nommé chef d’état major par le roi Saül après sa victoire sur le philistin Goliath ; mais très vite, l’admiration du roi pour le jeune David se transforme en rivalité, car tout le peuple acclame les prouesses de ce jeune qui va de victoire en victoire. Se sentant menacé, David prend la fuite en compagnie de certains de ses hommes de troupe. Terrassé par la famine, il se rend au temple à la rencontre du prêtre Ahimélek à qui il demandera du pain : « Donne-moi cinq pains ». Le prêtre répondra à David qu’il n’ya que du pain consacré, donc uniquement réservé aux prêtres et interdit à la consommation du public. Rien n’y fait ! David insiste et finit par recevoir ces pains qu’il mangera. (1 Samuel 21, 1-11).

David était l’oint du Seigneur pour le trône. Chose curieuse que d’avoir demandé cinq pains au prêtre Ahimélek, car on se rendra compte bien longtemps après que de ces cinq pains, la foule immense sera nourrie lors du miracle de la multiplication des pains par le Christ, le messie : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge » (Jean 6, 9). David préfigurait donc le visage du messie à venir. Et lors de l’annonciation, l’ange Gabriel avait dit à Marie que le Seigneur Dieu donnera à l’enfant qu’elle mettra au monde, « le trône de David son Père » (Luc 1, 32)

Le messie est Christ, fils de Dieu. Il ne peut donc pas être soumis à la loi du sabbat puisqu’il est la raison d’être de cette loi de purification. La présence du Seigneur au milieu de ses contemporains était déjà source de purification. Le Christ est venu purifier et sanctifier, afin de ramener à son Père tous ceux qui sont perdus, mission confiée à son église qui continue l’œuvre de sanctification pour la gloire de Dieu et le salut du monde. En affirmant qu’il est maître du sabbat, Jésus nous invite à observer la loi qui vaille la peine d’être observée dans le cadre de notre sanctification : éviter d’être objet de scandale en nous aimant les uns les autres comme Dieu nous as aimés.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Merci Père Etienne, nous voici à nouveau dans le même cas de figure: les pharisiens et les scribes accusent Jésus et ses disciples de désobéir à la Loi.Alors que Jésus est venu l’accomplir de la manière la plus “divine” qui soit: donner sa vie pour nous sauver.Décidément, Jésus rejette ce détournement de la Loi et des rites. Ils sont devenus un moyen de contrôle et de répression sociale au lieu de faire grandir la foi et l’amour dans le coeur des gens.Jésus remet tout à sa bonne place, comme d’habitude:c’est Lui le Maître du Sabbat et Lui, le Fils de Dieu, il est venu pour sauver, non pour condamner.Forcément, les Pharisiens et les scribes ne sont pas sur la même longueur d’ondes que Jésus. Où alors, il leur faudra faire un fameux chemin de conversion. Certains le feront pourtant: Nicodème, Joseph d’Arimatie, et d’autres sûrement, espérons-le.Et nous, sommes-nous toujours sur la même longueur d’ondes que Jésus? Un grand merci Père Etienne.

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