Le Dieu d’Elie – Homélie du Mercredi de la 10è semaine du Temps ordinaire, 10.06.2020 Année A

Le Dieu d’Elie – Homélie du Mercredi de la 10è semaine du Temps ordinaire, 10.06.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture du premier livre des Rois 18, 20-39
PSAUME –15 (16) «Garde-moi, mon Dieu,j’ai fait de toi mon refuge.»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 17-19

Le bon sens de la foi consiste à reconnaitre le véritable Dieu qui est à l’origine de notre existence et qui fait des merveilles à travers nous. Ne pas reconnaitre Dieu n’enlève rien à son existence, ni à sa capacité à pouvoir agir, car Dieu existe indépendamment de notre foi et de notre adhésion à sa parole. Le roi Acab et son peuple n’ont certainement pas intériorisé deux principes indubitables : Dieu est au-dessus de nos conceptions. Il ne saurait donc être objet de nos tests.

Seule notre mégalomanie humaine nous donne l’illusion d’une pseudo sécurité d’un dieu préfabriqué par nos instincts grégaires au service de nos exigences peu orthodoxes. Le roi Acab ne se prive pas de forger son dieu, puisqu’il est roi et en tant que tel, tout sujet lui doit obéissance, y compris le Dieu d’Elie, pense-t-il, dans la mesure où Elie lui-même est sur son territoire de commandement. Et pour montrer leur grandeur, ses prophètes vont crier vers un dieu qui dort parce qu’«il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage ». Cette ironie d’Elie traduit notre état pathétique chaque fois que nous nous trompons d’intentions de prières et de dieu. Le pouvoir, le matérialisme et la fanfaronnade sont des péchés capitaux de notre nature humaine qui ne font pas bon ménage avec la foi en ce Dieu qui nous exige de l’humilité et du discernement. Elie, pauvre prophète, sans abris, sans nourriture et a priori sans pouvoir extraordinaire donne l’impression de crier son impuissance : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante. » Il se retrouve seul face à quatre cent cinquante prophètes de Baal, ou plutôt d’Acab ou encore de notre orgueil, comme si son Dieu l’avait abandonné à son propre sort et la raillerie des impies, lui demandant de prouver de quoi sa foi est capable au milieu d’un monde qui ne croit guère en Dieu, pire encore, qui se moque de son Dieu. Elie ne fera justement rien sans son Dieu qui est son refuge selon le psaume du jour. Et c’est là, toute la beauté de notre foi ; agir au nom de Dieu, par Dieu et avec Dieu. Pour le faire, il ya des règles à suivre et Elie n’est pas dupe. Il va susciter l’action de Dieu sur son propre terrain, c’est-à-dire à « l’heure du sacrifice du soir », moment propice en de telles circonstances pour invoquer Dieu et lui demander de montrer sa gloire à tout ce peuple acquis à la cause d’un roi perdu. Et le Christ alors dans tout ça ? Lui dont le nom et la présence reflètent Dieu son Père ? « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir », nous dit Jésus dans l’évangile. Le contraire aurait été surprenant puisque Dieu son Père est le premier à confirmer ses prophètes comme il l’a fait avec Elie. Dieu nous écoute toujours quand nous nous tournons sincèrement vers Lui.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Que de temps et d’énergie perdus à élaborer nos propres théories, à échafauder des raisonnements plus ou moins cohérents, et de toute façon, toujours orgueilleux pour défendre l’idée que nous nous faisons de DIeu. Attention, je n’ai pas dit qu’il fallait s’abstenir de réfléchir. Dieu nous a doté d’un cerveau, c’est pour nous en servir. Là n’est pas la question. Mais il s’agit plutôt de notre façon de nous situer devant Dieu, de notre comportement en sa Présence, dans la prière, et dans notre vie avec les autres. Les 3 sont liés.Et là, vous pointez à nouveau l’essentiel, cher Père: l’humilité. Celle qui nous fait défaut et qui fait que tout marche à l’envers. L’humilité qui nous met dans les vraies dispositions pour entrer en relation avec Dieu et les autres, et d’entamer le chemin de confiance et d’adoration, seule issue de notre vie. Mais nous avons un modèle: Dieu lui-même qui se fait humble jusqu’à prendre sur lui notre humanité en envoyant Jésus, son Fils, pour nous offrir son amour, notre salut. Que l’Esprit nous donne un coeur humble et confiant. Merci Père Etienne.

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