Le Christ est maître des temps et de l’histoire – Homélie du Jeudi de la 7è semaine de Pâques, 28.05.2020 Année A

Le Christ est maître des temps et de l’histoire – Homélie du Jeudi de la 7è semaine de Pâques, 28.05.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – livre des Actes des Apôtres 22, 30 ; 23, 6-11
PSAUME –15 (16) «Garde- moi, mon Dieu :j’ai fait de toi mon refuge»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 20-26

Il faut parfois du bon sens pour nous tirer des situations complexes de la vie. Paul n’aurait pas rêvé mieux devant ce tribunal hostile à l’annonce de l’évangile du Christ avec les pharisiens d’une part dont la résurrection constitue le point d’achèvement de l’être humain en Dieu, car pour eux, il n’est pas possible que Dieu laisse pourrir sa propre créature dans le séjour de la mort ; et les saducéens d’autre part, pour lesquels il n’existe pas de vie après la mort car Dieu donne à chacun sur cette terre le salaire qu’il mérite ; c’est la loi de la rétribution. Faisons une petite histoire biblique…

Bien avant le Christ, l’Ancien Testament parlait clairement de la question de la résurrection ; « Beaucoup de gens qui dorment au fond de la tombe se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte, pour l’horreur éternelle. » (Daniel 12,2) Voilà ce que pense le livre de Daniel pour surmonter la théorie de la rétribution. Pour la première fois, la résurrection y est évoquée pour ceux qui meurent au nom de leur foi en Dieu. Le livre des Maccabées (ou livre des Martyrs d’Israël) renforce également cette idée. En effet, sept frères arrêtés en compagnie de leur mère sont torturés à mort par ordre du roi, parce qu’ils refusent de manger de la viande du porc interdite par la loi juive. Avant de mourir ils disent ceci au roi : « Tu nous exclus de la vie présente, mais le roi du monde, parce que nous serons morts pour ses lois, nous ressuscitera pour une vie éternelle. » (2 Maccabées 7,9) Il n’était pas encore question ici de la résurrection du Christ.

Revenons au Nouveau testament où les disciples de Jésus vont vivre une expérience extraordinaire avec leur maître. Celui-ci va ressusciter, mais tout le monde n’y croira pas, car la résurrection du Christ est un peu étrange pour tous, et pour cause ; les Ecritures parlent d’une résurrection à la fin des temps, or celle de Jésus arrive avant la fin des temps, puisqu’après sa résurrection, la vie continue normalement sur terre. Et c’est justement sur ce caractère peu compréhensible de la résurrection du Christ que Paul fonde sa défense devant le tribunal : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement », de quoi confondre tout le conseil des juges. En fait Paul expliquait ce qu’est l’espérance : Jésus entre dans l’histoire humaine, il y meurt, puis il y ressuscite, et il monte au ciel devant tout le monde (Ascension). Tout cela avant la fin de cette histoire afin que toute l’humanité soit témoin de sa résurrection. En effet, si Jésus était ressuscité à la fin de l’histoire humaine, personne ne l’aurait vu et sa résurrection n’aurait eu aucun sens.L’espérance est donc cette force de la foi en Jésus, qui traverse le temps de la même manière que le Christ a traversé notre temps humain. Le Christ n’est pas seulement ressuscité, il est la résurrection, il est maître des temps et de l’histoire.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
60 vues

La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Cette espérance fait vivre l’Eglise et la fera vivre jusqu’à la fin du monde. Cette espérance est la nôtre et dynamise notre vie, tout notre être par l’Esprit-Saint qui imprime ce formidable Don de Dieu jusque dans les fibres les plus intimes de notre coeur. Le Christ est le Maître du Temps et de l’Histoire, et de chacune des nôtres,en particulier. Jésus imprime en nous la capacité de Résurrection, d’éternité.
    “Car dans la vie de chaque jour que nous recevons de ta grâce, la vie éternelle est déjà commencée” nous rappelle une préface.
    Prions l’Esprit Saint de nous aider à rendre grâces pour cela et à en vivre. Grand merci, Père Etienne , de nous le rappeler sans cesse.

Laisser un commentaire