La justice du maitre – Homélie du Mercredi de la 20è semaine du Temps ordinaire, 19.08.2020 Année A

La justice du maitre – Homélie du Mercredi de la 20è semaine du Temps ordinaire, 19.08.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture du livre du prophète Ezékiel 34, 1-11
Psaume 22 (23) « Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer »
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20, 1–16

Il y a des choses qui peuvent nous mettre en rogne s’il elles n’obéissent pas à une justice pour tous. Et il y a aussi des choses qui nous mettent en rogne quand elles ne cadrent pas avec notre logique du gain. Ces cas de figure apparaissent dans l’évangile de ce jour où les ouvriers de la première heure semblent oublier les clauses de leur engagement, et où le maitre du domaine semble fonctionner sur un registre autre que celui de la justice humaine.

Une justice qui donne l’impression de ne servir que les intérêts d’une catégorie sociale au détriment du reste, ne trouve pas d’échos favorables dans les cœurs de ceux qui se sentent lésés. Elle peut même être source de révolte et de grincement de dents. L’évangile du jour nous présente un maitre du domaine qui donne l’impression de favoriser une justice qui fonctionne sous deux poids deux mesures : n’est-il pas cohérent que le salaire de ceux qui peinent le poids du jour soit plus conséquent que celui de ceux qui ne fournissent qu’une heure d’efforts de travail ? Le favoritisme ambiant qui prend le dessus sur l’objectivité pourrait justifier un tel comportement du maitre du domaine, d’où l’exaspération des ouvriers de la première heure : « Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! » Pas si sûr que ce type de maitre s’en sortirait devant un éventuel contrôle de l’inspection du travail.

Le travail a pour but principal de libérer l’être humain de la servitude du besoin et de la faim. Ainsi, le salaire doit donc être proportionnel aux efforts fournis et il appartient à l’employeur de garantir l’équilibre de cet équité entre le travail et le rendement. À y voir de près, le maitre du domaine n’a violé aucun droit des ouvriers qui récriminent. Ces derniers ont tout simplement oublié les termes de leur contrat devant la justice du maitre qui n’a qu’un seul objectif : le bien-être de tous les travailleurs qu’ils soient de la première ou de la dernière heure : « Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi », réplique le maitre. Dieu est le maitre de l’ouvrage de la création et il lui importe qu’on y travaille depuis le matin ou pas ; il lui importe qu’on soit croyant de naissance ou alors croyant converti à la dernière minute. Aussi bien ceux qui ont enduré le poids du respect de la loi de Dieu depuis leur naissance, que ceux qui ne l’ont enduré que le temps de leur conversion au soir leur vie, le salaire est le même : le salut pour tous. Le salut n’est pas proportionnellement chiffré au nombre d’années pendant lesquelles nous avons été chrétiens. Il n’est donc pas nécessaire de nous mettre en rogne envers Dieu parce qu’il accorde aux derniers convertis, le même salut qu’à nous. De même qu’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’ ya qu’un seul salut en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient en Lui.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Et nous avons bien du mal à admettre cela. Nous nous croyons facilement mieux que les autres, plus méritants, plus…mieux…etc! Nous ne sommes pas prêts à adopter le point de vue ni l’attitude de Dieu et nous nous sentons lésés. Pourtant , Père Etienne, vous nous rappelez bien que l’objectif de Dieu est de nous donner son salut, son amour! Et qu’il nous le donne à profusion. Cela ne dépend pas de nos mérites ( même si nous sommes invités à oeuvrer à la vigne du Seigneur) mais uniquement de la bonté, de l’amour gratuit de Dieu.Alors, réjouissons-nous de la joie de Dieu, de son amour offert au dernier comme au premier arrivé, de son infinie miséricorde dont nous sommes tous bénéficiaires, pur don de sa grâce.

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