Homélie du Dimanche des Rameaux 10.04.2022

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Isaïe 50, 4-7
PSAUME – 21 (22),2,8-9,17-20,22b-24
Philippiens 2, 6-11
Évangile : Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Luc 22, 14-23,56


« Le chant du coq »


Il n’ ya pas de symbole aussi fort que le chant du coq pour manifester deux temps forts de la journée : le lever et le coucher du soleil. Le livre de la Genèse dans son récit de la création n’a-t-il pas omis de mentionner que Dieu créa aussi le coq pour marquer le jour et la nuit ? Que oui ! Heureusement que l’erreur est corrigée dans le récit de la passion du Christ de ce dimanche des rameaux. Le coq y tient une place non moins importante, parce qu’il traduit la sainte trahison de Pierre que l’on a nommée par euphémisme, reniement.
Dans ce récit de la passion, le chant du coq dit toujours sa fonction sous d’autres formes ; il annonce la fin d’une époque et le début d’une autre ; fin de l’époque de ce Christ, faiseur de miracles, adulé par de nombreuses foules en quête d’espérance, admiré par ses propres apôtres. A cette fin, s’ouvre le début d’une époque, celle de la solitude du Christ devant sa passion. Comme si l’on avait activé le logiciel pour effacer tout le passé terrestre glorieux de ce messie, venu sauver l’humanité, appelé désormais à entrer dans la fragilité humaine, par l’angoisse et la peur devant la mort : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ». Rien n’y fait ; même le ciel semble ne pas donner de suite favorable à sa demande, car il faut que s’accomplissent les Ecritures et le Christ le sait très bien. En se souvenant de l’histoire de Jonas qui essayait de fuir sa mission de Ninive, Jésus sait qu’avec son Père, on retrouve toujours notre destin sur le chemin qu’on a choisi pour l’éviter. Alors il revient à l’essentiel envers son Père : « que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »
Heureusement qu’il lui reste encore ce coq qui chante la honte de l’humanité qui, à travers le reniement de Pierre, exprime son incapacité à pouvoir rester fidèle au Christ dans les circonstances de trouble : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. » Si la trahison de Juda est compréhensible parce qu’elle entre dans l’histoire de l’accomplissement des Ecritures, le reniement de Pierre par contre, est dans l’ordre de l’imprévisible humain qui vit dans un hybridisme spirituel constant qui laisserait même un caméléon pantois: « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort », puis après « Non, je ne le connais pas. » Ce chant du coq, qui confond Pierre, est le signe que, même du fond de sa passion, le Christ reste le maître de l’univers et continue à l’exemple de son Père, à ordonner nos évènements. Le coq qui chante ne créé ni le jour, ni la nuit, il rend tout simplement témoignage des variations du temps. Ainsi en est-il de ce coq qui confirme tout simplement les changements de Pierre, face au Christ, c’est-à-dire, changements de l’être humain dans sa foi chancelante.

Pata KANGUE, CSSp
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Cet article a 2 commentaires

  1. Kaame Ariane

    Excellent dimanche des rameaux à tous et merci pour l’homélie

  2. Thérèse MOREAU

    Belle homélie, cher Père Etienne. Elle met en relief des aspects inédits de la lecture de la Passion et du coup, nourrit plus en profondeur notre méditation. Il y a de quoi être à l’affût du chant du coq dans notre propre parcours de foi! Encore Merci.

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