Homélie du 4è Dimanche du Temps Ordinaire B, 28.01.2024, « L’autorité de la Parole de Dieu »

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Deutéronome 18, 15 – 20

Psaume 94 (95), 1-2. 6-7. 8-9
1 Corinthiens 7,  32-35
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 21-28

« Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? Ne fermez pas votre cœur comme au désert comme au jour de tentation et de défi où vos pères m’ont tenté et provoqué, pourtant ils avaient vu mon exploit. » Dans ce fragment de psaume de ce dimanche, c’est Dieu qui parle à son peuple. Exhortation ou mise en garde ? En tout cas, tout y est. Le peuple est exhorté à l’écoute de la Parole de Dieu, afin de vivre de la grâce. Il est également invité à ne pas se laisser prendre dans le piège de la tentation et de la désobéissance. Et pour y arriver, ce peuple a pour motivations principales, les exploits de Dieu, notamment celles de la libération des mains de pharaon. Ce psaume s’ouvre par l’invitation à acclamer le Seigneur qui est le Rocher et le Salut du peuple : « Venez, crions de joie pour le Seigneur acclamons notre Rocher, notre salut ! » C’est donc avant tout un psaume de louange qui met tout homme en présence du Seigneur, le Dieu des merveilles. Il est alors difficilement concevable dans ce contexte, de ne pas écouter la voix de ce Seigneur qui nous façonne en nous procurant le bien-être.

Dans l’histoire de Dieu et de son peuple, les relations sont d’abord basées  sur l’écoute de la Parole de Dieu. C’est cette Parole qui dit ce qui doit se faire. C’est d’ailleurs elle qui est à la base de la création, en ordonnant le monde dès ses origines : « Dieu dit … et il fut ainsi ». La première lecture nous retrace le tableau du pouvoir de la Parole de Dieu. Ici, il n’y a pas d’amalgame entre Dieu et l’homme. Le peuple lui-même a fait l’expérience de cette puissance de la Parole de Dieu qui se manifestait par le feu sur la montagne. Et Moïse fait ce rappel : c’est précisément dans cette expérience là que, saisi de peur, le peuple se rend compte de sa fragilité devant le Seigneur et renonce à écouter directement la voix fracassante de Dieu, au risque de mourir : « C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! » Et pourtant, la vraie mort consiste justement à ne pas écouter la voix du Seigneur.

Nous ne pouvons pas imaginer notre vie de croyants sans écoute de la Parole de Dieu, ce serait une illusion totale, car nous n’aurions aucun fondement sur lequel construire notre vie de foi. C’est certainement aussi l’un de nos grands soucis en ce moment ; la lecture et l’écoute de la Parole de Dieu. L’absence de la Parole de Dieu dans la vie d’un chrétien est la source d’un vide spirituel qui se traduit par des actes contraires à la volonté de Dieu. Conscient de la fragilité de son peuple, Dieu décide de procéder autrement : instituer les prophètes, porte-paroles de sa voix : « Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. »

L’Eglise vit donc de la Parole de Dieu, et qu’il en soit ainsi, est le propre même de l’Eglise. La mission principale de l’Eglise est d’être Porte-Parole de la voix de Dieu en toute fidélité. C’est Dieu lui-même qui choisit, qui appelle, qui donne des instructions, et qui envoie son messager pour annoncer sa Parole, c’est la première étape. La deuxième étape relève de ceux qui reçoivent cette Parole. Ils doivent l’accepter en l’écoutant et en se mettant en marche vers une vie qui soit conforme au message reçu : « Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.» Notre salut dépend entièrement de notre fidélité à la Parole de Dieu. Dans l’évangile de ce dimanche, le Christ va confirmer qu’il est la Parole de Dieu faite chair. L’autorité de sa parole sur les esprits impurs, prouvent, s’il en était encore besoin, que rien, aucune force terrestre n’est au-dessus de la Parole créatrice. Le Christ, à l’image de Dieu son Père, est à l’origine d’« un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent.»  Alors, parmi nous, il n’y a pas plus que le Christ, il n’y a pas plus que la Parole de Dieu.

Pata  KANGUE, CSSp

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