Homélie du 32è Dimanche du Temps Ordinaire C,  06.11.2022, «Le Dieu de la résurrection»

Deuxième Livre des  Martyrs D’Israël  7,1-2.9-14

Psaume 16 (17),1.3ab,5-6,8.15
2 Thessaloniciens 2,16 – 3,5
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20, 27-38
 

«Le Dieu de la résurrection»

Superposons les citations de la première lecture et de l’évangile de ce dimanche: « Sept frères avaient été arrêtés avec leur mère…Or, il y avait sept frères, le deuxième (…) puis le troisième épousèrent la veuve (…) et ainsi tous les sept ». De la première lecture à l’évangile, le chiffre sept symbolise la totalité. C’est parfois l’indicible, ce qui est difficilement explicable à  l’échelle humaine, parce que tout découle de Dieu et de sa volonté. Au-delà des interdits mis en exergue dans ces deux textes, le dénominateur commun est la résurrection. Y-a-t-il vraiment intérêt à sacrifier sa vie au prix de la résurrection? Pourquoi ne pas jouir des plaisirs de ce monde et profiter de toutes ses merveilles puisque la vie après la mort  est une illusion?

La première question renvoie aux sept frères de la première lecture qui préfèrent rester fermes dans le respect de la loi de Dieu même si cela leur coûte leur propre vie. Cette attitude relève tout simplement de la conviction selon laquelle, Dieu ne délaisse pas ses fidèles à la mort, parce qu’il est Lui-même le Dieu de la vie et des vivants ; c’est d’ailleurs ce que dit le quatrième frère avant de mourir: « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu ». Nous sommes à une période où les gens se préoccupaient de leur présent et de leur lendemain terrestre, mais pas de leur devenir après la mort. Or avec l’histoire des sept frères, nous découvrons une forte affirmation de la résurrection après la mort, une résurrection qui prend même en compte celle de la chair, et pourtant, nous sommes encore très loin de l’époque de Jésus-Christ : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de ses lois je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver », déclare le troisième frère avant sa mort. Notre credo de l’église se serait-il donc inspiré en partie de ce texte du livre des martyrs d’Israël, bien avant Jésus-Christ? Possible!

Y a-t-il une raison valable de s’abstenir des plaisirs de ce monde si la résurrection est une absurdité ? Dans l’évangile,  les sadducéens, tout en ironisant sur la résurrection, semblent également se moquer de la veuve qui fut épouse des sept frères : « Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » La question en elle-même est déjà un aveu de l’existence de la résurrection, puisqu’elle envisage déjà d’une vie après la mort aussi bien pour les sept frères que pour la veuve. Comme dans la première lecture, Dieu est  le Dieu des vivants. Il existe bel et bien une vie après la mort biologique, et les conditions de cette vie ne sont pas semblables à celles de la vie sur terre, répond le Christ. Le livre de l’apocalypse nous donne un aperçu de cette vie céleste dans la liturgie de la messe de la Toussaint.

La compréhension erronée des Sadducéens et de l’être humain en général, c’est de parler de la vie de l’au-delà, comme si elle est une pure continuité de la vie terrestre avec les mêmes réalités et le même cadre de fonctionnement. « Ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts (…) sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection ». En d’autres termes, au-delà de la résurrection, il n’ y a plus de mort possible.

Pata  KANGUE, CSSp

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Cet article a 2 commentaires

  1. Mma Jeanne Thérèse

    Seigneur, je crois à la Résurrection de la chair, et à la vie éternelle.

    La vie après la mort se prépare ici-bas, tous les jours avec ce que nous avons.
    Accorde-moi, Seigneur, la grâce de la sagesse, et le courage d’obéir à tes commandements. Pour ta plus grande gloire et pour le salut de tous. Amen

  2. Thérèse Moreau

    Merci Père Etienne pour cette puissante homélie. Elle nous rappelle notre tendance à vouloir connaître en avance, l’avenir que Dieu nous prépare, et à l’imaginer à notre façon. Mais ses pensées ne sont pas nos pensées, fort heureusement pour nous. A nous, il est simplement demandé la confiance totale en Lui, le Dieu des morts et des vivants. Nous sommes créés pour la vie, la vie éternelle. C’est Dieu qui le veut.
    Je crois en la résurrection de la chair et à la vie éternelle!

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