Homélie du 2è  Dimanche de l’Avent A,  04.12.2022, «Méditer les saintes Écritures»

Isaïe  11,1-10

Psaume 71 (72), 1-2.7-8.12-13.17
Romains 15, 4 – 9
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3, 1-12

«Méditer les saintes Écritures»

         « Tout ce qui a été écrit à l’avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. » Deux éventualités suite à cette déclaration de saint Paul : soit les événements de notre vie quotidienne sont tellement difficiles à supporter qu’ils nous poussent en situation de désespoir, (ce qui n’est pas si faux au regard de la vie qui devient de plus en plus chère), soit notre condition de vie est déjà source de découragement. Quoi qu’il en soit, ces deux cas évoquent la même nécessité ; le besoin de réconfort et de paix. Chaque fois que Paul écrit à une communauté, ses motivations sont de deux ordres : résoudre un problème du « mal vivre ensemble », et exhorter à la fidélité en Dieu.

Que reste-t-il à la communauté dans laquelle le vivre ensemble est difficile, si ce n’est la parole de Dieu (les livres saints), fondement de notre vie en Dieu? La méditation des Ecritures doit être un exercice spirituel constant.

Le but final de ces Ecritures est comme le dit Paul, de nous faire parvenir à l’espérance. Or atteindre l’espérance n’est pas facile, car quand il s’agit de parler de cohésion dans nos communautés, il faut faire appel aux éléments concrets qui sont parfois à l’origine des déchirures : manque de charité, et de tolérance, ce dont Paul est bien conscient d’où sa recommandation : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu ». Tout cela est bien beau, mais ne suffit pourtant pas à rendre notre vie plus « vivable », ou alors à faire de la cohabitation la chose la mieux partagée et la plus évidente dans nos communautés, puisqu’il s’agit des êtres humains dont les pensées et les actes ne sont pas soustraits des humeurs.

Une chose est pourtant certaine ; si nous sommes tous du Christ, alors nous partageons tous ses principes, même si les désirs des uns et des autres ne reflètent pas forcément les intérêts de tous. C’est pour cela qu’il ya lieu de reconnaitre d’abord nos limites et ensuite de prendre les moyens nécessaires pour nous conformer à la volonté du Seigneur. C’est la pédagogie que propose Jean-Baptiste à tous ceux qui viennent à lui. L’arrivée imminente du Seigneur est la raison d’être de notre conversion radicale selon Jean-Baptiste. Chacun doit exceller dans son domaine de manière à rendre la vie d’ensemble agréable. Cela suppose un peu de sacrifice à l’exemple de Jean-Baptiste lui-même dont la vie sobre en dit long sur sa manière de vivre l’attente du messie. Le temps de l’avent n’est pas celui du carême certes, mais il exige tout de même quelques efforts personnels en relation avec les exigences de Dieu. La vie spirituelle doit être le centre de notre vie chrétienne ; cela peut sembler banal en raison de la montée de plus en plus importante de la laïcité dans nos sociétés, ce qui nous pousse parfois à banaliser notre propre vie de foi. Cependant, il faut tenir la logique selon laquelle, il n’ ya de pas conversion véritable sans changement d’attitudes et de mentalités, de même qu’il n’existe pas de vie chrétienne sans vie spirituelle, c’est-à-dire sans prières. Et pour y arriver, il faut entrer avec Jean-Baptiste dans le désert de la méditation de la parole de Dieu.

Pata  KANGUE, CSSp

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La publication a un commentaire

  1. Mma Jeanne Thérèse

    La lecture et la méditation de la Parole de Dieu sont des éléments essentiels dans la vie de communauté des chrétiens.
    Ensemble nous découvrons ce que le Seigneur attend de nous, et par la force de la prière communautaire, nous vivrons en vrais chrétiens dans l’espérance.
    Seigneur accorde-moi le courage de méditer quotidiennement ta Parole.

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