Homélie du 24è Dimanche du Temps Ordinaire C,  11.09.2022, «Dieu de miséricorde !»

Exode 32, 7…14
Psaume 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19

1 Timothée 1, 12-17

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 1-32
 

« Le Seigneur dit encore à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer! » Dieu se réjouirait-il de voir notre vie brisée par les souffrances qu’il nous inflige Lui-même à cause de nos fautes ? Ce serait du « masochisme divin ». Moïse ne connait de Dieu que son côté miséricordieux et sauveur qui sortit le peuple de l’esclavage d’Egypte. Et même  si ce peuple a fini par avoir la nuque raide comme le dit Dieu, ce dernier reste Dieu c’est-à-dire l’Unique créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui existe. Le paradoxe pour Moïse serait donc que Dieu extermine le peuple qu’il a Lui-même créé de toute pièce et pour lequel Moïse s’est battu contre Pharaon. Un tel Dieu ne serait plus le Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël (Jacob) : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ? » Face à cette plaidoirie de Moïse, Dieu renonça à son idée de châtiment contre le peuple. La deuxième lecture et l’évangile de ce dimanche ne font pas autre chose que de présenter la miséricorde comme une nature inhérente à Dieu.

Si saint Paul reconnait qu’il n’aurait jamais été compté parmi les apôtres du Christ sans la miséricorde divine, c’est pour signifier que Dieu se sert toujours de notre nature pécheresse pour en faire un instrument de sa gloire si nous acceptons le chemin de conversion qui nous est proposé. Or, nous souffrons de deux choses majeures qui nous éloignent de ce chemin de conversion ; l’orgueil et la jalousie.

La parabole de l’enfant prodigue nous montre à quel point notre salut ne serait pas aisé s’il dépendait entièrement de nos semblables à cause de l’orgueil et de la jalousie ; l’orgueil nous donne la prétention d’avoir le monopole sur les autres, à l’exemple du fils aîné qui de ce fait, manifesta aussi la jalousie envers son jeune frère repenti. La liturgie de ce dimanche nous enseigne une démarche pédagogique en guise du chemin du salut : l’aveu de nos péchés, le repentir pour une conversion véritable et la reconnaissance de la miséricorde de Dieu en nous. Tout cela passe par l’endurance, mais aussi par le courage d’affronter Dieu malgré notre état de pécheur. Savoir reconnaitre que Dieu est miséricordieux est aussi l’une des plus grandes vertus de la foi.

Pata  KANGUE, CSSp

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La publication a un commentaire

  1. Mma Jeanne Thérèse

    Le courage me permettra de m’approcher de Dieu pour avouer ma faute, et accueillir son pardon, Lui qui n’attend que ma repentance.
    Seigneur, accorde-moi la grâce du courage 🙏

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