Notre Père qui es aux cieux ! – Homélie du Jeudi de la 11è semaine du Temps ordinaire, 18.06.2020 Année A

Notre Père qui es aux cieux ! – Homélie du Jeudi de la 11è semaine du Temps ordinaire, 18.06.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture du livre de Ben Sira le Sage 48, 1-14
PSAUME 69 (97) «Que le Seigneur soit votre joie, hommes justes ! »
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6, 7-15

Il n’y a pas plus ridicule qu’un chrétien qui pense que la distance qui nous sépare de Dieu s’exprime en terme de localisation géographique, pas plus qu’il n’est ridicule de penser que notre Dieu est assis sur un trône quelque part dans les nuages et que de là haut, il observe nos faits et gestes à la manière d’un grand manitou dont le rôle se limiterait à surplomber la terre. Si tel était le cas, il ya longtemps que tous les appareils scientifiques qui volent sans cesse dans les airs nous auraient déjà transportés jusqu’à la demeure de Dieu qu’est le ciel, ce qui nous aurait évité des prières à n’en point finir.

Notre Père! Ce début de phrase a fini par donner le nom à la prière elle-même. En effet au temps de Jésus, plusieurs écoles se forment, et chacune prétend détenir le monopole de la vraie prière qui fait obtenir de Dieu les grâces dont on a besoin. Les pharisiens, les scribes et autres tendances adoptent alors des philosophies spécifiques à leur mode de fonctionnement. Et au cœur de tout ce bazar, existe un certain Jean-Baptiste, cousin de Jésus et précurseur de ce dernier qui essaye tant bien que mal de mettre un peu d’ordre. C’est ainsi qu’un jour que Jésus était en prière, un de ses disciples lui fit une demande courageuse : « maitre apprends-nous à prier comme Jean-Baptiste l’a appris à ses disciples » (Luc 11,1). Telle est l’origine de cette prière universelle. Jésus répond à deux réalités : d’abord, la mise au point de notre attitude en quête de relation avec Dieu, ensuite la qualité de nos demandes dont l’adéquation entre la volonté de Dieu et nos réalités quotidiennes doit être une exigence de cohérence.

Notre attitude peut définir notre proximité ou notre éloignement de Dieu ; prier c’est parler avec Dieu dans une intimité qui engage tout notre être. Il n’est donc pas superflu d’apprendre comment lui parler afin d’acquérir les rouages liés à ce genre de communication. La véritable prière consiste à connaitre ce que Dieu attend de nous avant de lui demander ce que nous espérons de Lui. C’est ça, accepter sa volonté sur la terre comme au ciel. Le ciel est donc partout où la condition humaine intègre la volonté de Dieu dans un esprit de maturité qui purifie nos intentions et nos envies. Cet esprit de maturité forge notre personnalité devant les difficultés de la vie afin de nous transformer à la dimension de notre créateur. Notre Père des cieux, construira alors sa demeure en nous.

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Merci Père Etienne de nous aider à redécouvrir ou même découvrir le Notre Père. Car, malheureusement, nous le “récitons” souvent machinalement comme une rengaine. Or, Jésus nous recommande de ne pas rabâcher. Jésus ne nous apprends pas que des mots pour parler à Dieu, il nous aide à vivre en fils bien-aimés du Père, à entrer dans cette relation. Jésus est le seul à dire “Père” de façon unique et correcte parce qu’Il est lui le premier-né, le Fils unique du Père ;le Père et Lui sont un. Et l’Esprit _Saint vient en nous, prononce en nous les mots de la prière, car ” nous ne savons pas prier comme il faut.” On est bien loin du:” comme pénitence, ma fille, vous direz 3 Pater et 3 Ave.” Sans juger ni critiquer une époque , supposons-le, révolue. Encore merci de nous encourager à la vigilance.

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