Mère et Fils – Homélie du Samedi de la 27è semaine du Temps ordinaire, 10.10.2020 Année A

Mère et Fils – Homélie du Samedi de la 27è semaine du Temps ordinaire, 10.10.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Galates 3, 22-29
Psaume 104 (105) « Le Seigneur s’est toujours souvenu de son alliance.»
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Luc  11, 27-28

« Comme Jésus était en train de parler, une femme éleva la voix au milieu de la foule pour lui dire : Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » Il est naturel que toute mère soit potentiellement heureuse de son fils, car toute femme porte en elle un fils qu’elle met au monde et le simple fait de l’accouchement reste une raison valable pour exprimer sa joie de donner la vie. Il est aussi naturel que ce fils fasse la joie de sa mère dans les choix de sa vie. La déclaration de cette femme qui admire à la fois Jésus, en raison de ses œuvres,  et Marie en raison de l’honneur qui lui revient en tant que Mère, confirme tout simplement la relation d’harmonie entre Mère et Fils. On peut donc s’interroger sur la nécessité d’une telle admiration qui semble être une de trop dans un contexte de l’ordre naturel des choses.

« Alors Jésus lui déclara : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » Voilà une réponse qui vient rompre de façon nette, l’enthousiasme de cette femme et l’admiration qu’elle a de ce fils et de sa mère. Rien n’est donc si évident dans la vie et les apparences nous conduisent vers des appréciations subjectives. La nature divine cache bien des choses qui échappent à notre compréhension humaine. Le christ est Fils de sa Mère, mais Fils de Dieu. Il y a là un mystère que cette femme ne peut comprendre, tout comme ne peut le comprendre notre esprit réduit aux effets spectaculaires des miracles du Christ. Cependant pour ceux qui peuvent comprendre cette réponse de Jésus, ils sauront qu’en réalité il parlait de sa mère, car elle est bien celle qui a écouté la parole du Seigneur et qui l’ait gardée. En effet en acceptant d’être la Mère du Christ : «  je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon sa volonté »,  Marie a accepté que se réalise en elle la parole du Seigneur qui lui fut dite par l’ange Gabriel. Pas si étonnant donc que même sa cousine Elisabeth soit la première à tomber sous le coup de son admiration : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Luc 1, 45)

« Heureuse la mère qui t’a porté en elle ». Finalement cette déclaration ne relevait pas de l’admiration humaine, mais elle renvoyait à l’identité du Christ Messie à travers celle qui a participé à la réalisation du projet de Dieu pour l’humanité. Cette mère est heureuse parce qu’elle est unique en son genre : porteuse du Fils de Dieu. À y voir de près, cette femme n’évoquait en fin de compte que la prophétie de Marie lors de sa rencontre (la visitation) avec sa cousine Elisabeth : « désormais tous les âges me diront bienheureuse. »

Pata  KANGUÈ, CSSp.
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