Le pardon du Christ nous relève de nos péchés – Homélie du Jeudi de la 13è semaine du Temps ordinaire, 02.07.2020 Année A

Le pardon du Christ nous relève de nos péchés – Homélie du Jeudi de la 13è semaine du Temps ordinaire, 02.07.2020 Année A

PREMIERE LECTURE – Lecture du  livre du prophète Amos 7, 10-17
PSAUME –18b (19)  «Les décisions du Seigneur sont justeset vraiment équitables.»
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Matthieu  9, 1-8

« Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Le paralytique est guéri par le pardon des péchés, ce qui de façon tacite fait penser à l’existence d’un lien entre péchés et paralysie, même si a priori dans notre compréhension la paralysie représente une infirmité clinique dont les causes seraient de source physiologique. Cependant on comprend mal la réaction des scribes quand le Christ pardonne les péchés de ce paralytique sans parler de guérison qui pourtant survient après le pardon de ses péchés.

Ce que les scribes pourraient qualifier de scandale de la part de Jésus vient du fait que seul Dieu est digne de pardonner les péchés de son peuple, parce que Dieu seul est saint et hautement loué dans sa gloire. La distance qui sépare l’homme pécheur de Dieu, est le symbole de cette pureté divine jamais atteinte par l’homme, et Moïse le savait très bien, lui qui rencontrait Dieu, pieds nus sur la montagne, pour signifier qu’il était bien sur l’espace saint. On comprend alors l’étonnement des scribes quand Jésus prétend selon eux, pardonner les péchés, puisqu’à leurs yeux il n’est que le fils de Joseph le charpentier et de la petite Marie : « Celui-là blasphème. » Or tous les miracles que Jésus posait, invitaient les gens à rendre gloire à Dieu son Père, car nul ne pouvait poser ces actes si cela ne lui venait de Dieu. (cf. la rencontre de Jésus et de Nicodème); mais deux choses fondamentales constituent des obstacles majeures à la foi des scribes et des pharisiens : ils ne croyaient pas que Jésus est Fils de Dieu, ce qui les empêchait donc de croire aussi à la rémission (pardon) des péchés accomplie par Jésus. Le véritable problème des scribes est donc celui de la foi en Jésus comme messie attendu par le peuple selon la prophétie, incrédulité que Jésus n’ignorait pas du tout : « mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? »

Par cette guérison, Jésus confond une fois encore son entourage en confirmant qu’il est effectivement la voix de Dieu par laquelle l’humanité a reçu les instructions depuis la création du monde. C’est pour avoir transgressé la loi de Dieu que tout homme devient pécheur, c’est-à-dire paralysé de l’amour de Dieu et donc paralytique : séparé de l’esprit de Dieu qui habite en nous. En pardonnant  les péchés, Jésus ne s’arrête pas sur le plan clinique de cet infirme, mais il restaure toute sa dignité d’enfant de Dieu. En effet, si Dieu seul peut pardonner les péchés, et si par la seule rémission des péchés, le paralytique trouve sa guérison, alors Jésus est bel et bien le messie attendu, Fils de Dieu qui est le seul à pouvoir libérer chacun de nous de nos paralysies en disant : « lève-toi, prends ta civière (qui ne te sert plus à rien), et rentre dans ta maison » : pouvoir qu’il transmettra plutard à ses disciples lors de l’envoie en mission. (Jean 20, 23)

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Bien ancrés dans leur conception de DIEU, de sa Puissance et de sa Hauteur, comment les scribes auraient-ils pu accepter que le f ils du charpentier soit le Messie attendu? Dieu peut-il être si proche de l’homme, ne faire qu’un avec lui? Si les actes de Jésus invitent à le reconnaître comme envoyé de Dieu, ils ne sont pas prêts à se rendre à l’évidence. Ce Jésus ne correspond pas à l’idée qu’ils se font du Messie, il n’y correspondra d’ailleurs jamais. Mais les plus humbles, eux,sont ouverts à la démarche et Jésus a du succès chez les plus petits (et même chez quelques grands). Il faut donc l’éliminer. Et le processus déjà commencé s’accélère.
    Oui, Jésus est le Messie, l’Envoyé du Père. Il vient nous sauver et nous pardonner, nous restaurer dans la relation avec notre Créateur.
    Qu’il nous guérisse et nous remette debout. Merci Père Etienne.

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