Homélie du 33è Dimanche du Temps Ordinaire C,  13.11.2022, «Justice et Paix et Intégrité de la Création»

Malachie  3, 19-20a

Psaume 97 (98), 5-6, 7-8, 9
2 Thessaloniciens 3, 7 – 12
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21, 5-19

«Justice et Paix et Intégrité de la Création»

Il n’y a rien d’exceptionnel à ce que la création chante la grandeur de Dieu. Devant le mutisme de l’homme face aux merveilles du Seigneur, la création tout entière proclame la gloire de Celui de qui vient toute vie. Cette création personnifiée dans le psaume de ce dimanche, dit dans sa totalité ce qu’est le monde : la mer et sa richesse, les fleuves et les mers, le monde et tous ses habitants. Le cantique des trois enfants dans le livre de Daniel exhortait déjà cette création à bénir le Seigneur de l’univers : les montagnes et collines, les arbres de la forêt, les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et même les bêtes sauvages ; que tous bénissent le Seigneur en chantant sa haute gloire et sa louange éternelle.

Cet appel sonne-t-il la démission de l’homme devant le créateur de l’univers ? Une chose est certaine, l’homme devient de plus en plus absent quand il faut louer Dieu. Il est passé maître dans l’art de la destruction de cette création qui loue Dieu : déforestation à outrance, déformation des sols à cause de la recherche effrénée des matières premières, dénaturation de la faune…tout ce qui conduit inéluctablement au changement climatique. Malgré tous ces effets néfastes sur elle, le psalmiste exhorte tout de même cette création à glorifier Dieu dans une fidélité inébranlable : « Que résonnent la mer et sa richesse, que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie », dans ce monde totalement vidé de l’humain et du divin.

L’actualité récente fait état d’une rencontre internationale en Égypte, rencontre relative à la protection de l’environnement. Là encore, toutes les résolutions majeures se sont exprimées en termes de centaines de milliards d’euros, laissant sur le carreau les populations les plus fragilisées, auxquelles la destruction de la nature a enlevé le minimum vital à savoir le travail de la terre qui aurait pu leur offrir le pain quotidien, selon le plaidoyer de Saint Paul dans la deuxième lecture. Le constat est donc sans appel : seule la création peut se préoccuper d’elle-même, et même si dans notre imaginaire, la mer, les fleuves et les montagnes ne parlent pas, eh bien dans le projet de Dieu, ces éléments sont constitutifs de la création et participent à l’équilibre de l’univers.

Le monde actuel vit en situation de guerres et de désordre, de haine mutuelle, des soulèvements sociaux qui expriment le ras-le-bol des populations agacées par « le mal vivre » et le mal de vivre, et parfois même du silence complice de ceux qui sont chargés de porter l’espérance de Dieu aux peuples angoissés. Rien de tout cela ne doit nous terrifier nous dit le Christ dans l’évangile car, viendra le jour où le Seigneur de l’univers remettra toute la création en ordre, dans son intégrité, comme à l’origine de la terre, Lui qui gouverne «  le monde avec justice et les peuples avec droiture » selon notre psaume.

Bon dimanche!

Pata  KANGUE, CSSp

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La publication a un commentaire

  1. Mma Jeanne Thérèse

    Qu’ai-je fait de ma mission première, celle de continuer l’oeuvre de la création ? Quelle est ma responsabilité dans sa destruction ? Que puis-je faire à mon niveau pour y remedier ?
    Seigneur je me tourne vers Toi, guide-moi, soutiens-moi, afin que j’agisse selon ta Volonté. Amen

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