Homélie du 26è Dimanche du T.O.A ; 01.10.2023, « S’éloigner de tout esprit intriguant et vaniteux.»

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Commentaires de la publication :0 commentaire

Ezéchiel 18, 25 – 28

Psaume 24 (25), 4-9

Philippiens 2, 1-11

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 28-32

«Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres. »  De deux choses l’une : soit Paul fait semblant d’ignorer la nature humaine fondamentalement tournée vers la recherche des intérêts personnels, soit alors la communauté de Philippe constitue le socle même de ce caractère humain désagréable que Paul veut combattre avec énergie. Les deux éventualités se tiennent, car c’est en voulant combattre une atmosphère invivable que Paul semble ignorer ce caractère qui est à l’origine du manque de cohésion sociale dans nos communautés. Ces paroles de Paul qui résonnent comme une exhortation portent déjà en elles-mêmes le constat d’une réalité amère : nos communautés sont sous l’emprise de nos orgueils et de nos individualismes qui ne favorisent guère le vivre ensemble. Certains d’entre-nous ont même fait de l’orgueil et de l’égocentrisme un « fond de commerce ». Imbus de leur personne, ils prétendent savoir tout ; mais en réalité, du haut de leur pseudo connaissance, la seule chose qu’ils maitrisent, c’est leur petitesse d’esprit et leur immaturité qui ont du mal à faire corps avec l’ensemble des autres membres. Paul nous donne donc la clef de sortie de cette situation : faire tout dans le Christ et en Christ, ce qui purifiera nos intentions et la considération que nous avons des autres : « Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus.» Pour avoir ces dispositions, un préalable est fondamental : croire que le Christ est Seigneur et qu’avec Lui, notre vie s’oriente sur une direction qui est celle du bien pour tous. C’est bien le nœud de l’évangile de ce dimanche.

Entre la parole et l’acte, il ya un fossé qui nécessite souvent d’être comblé. Dans l’évangile de ce dimanche, deux fils nous sont présentés sous deux aspects différents qui révèlent la difficulté de notre état d’esprit à reconnaitre le Christ comme la présence réelle de Dieu dans notre réalité humaine. Dans notre méfiance humaine, on ne peut obéir à Dieu que si on croit en Lui, si nous avons la conviction ferme que c’est vraiment Lui qui nous parle. Cette attitude s’est renforcée au cours de notre histoire jonchée de manque de confiance en nous, aux autres et finalement en Dieu. Rien n’assure plus notre sécurité devant les échecs permanents et les abus de confiance dont nous sommes victimes. Et pour que Dieu soit la raison de notre vie, il faut des signes qui sortent de l’ordinaire, en d’autres termes, des miracles. Et les seuls selon le Christ, à avoir perçu ce miracle, sont les publicains et les prostituées, et ce n’est pas parce que leur état de vie est réputé répugnant par la société, mais parce qu’ils se sont engagés sur le chemin de la conversion, en reconnaissant le Christ. La conversion en Jésus-Christ est donc présentée comme le début de notre entrée dans l’histoire de salut. Et pour que cette conversion soit effective, il faut que nous sortions de notre confort fait de prétentions et d’orgueil, afin d’embrasser l’humilité du Christ. Cette humilité nous permet de nous éloigner de tout esprit intriguant et vaniteux.

Pata  KANGUE, CSSp

87 vues

Laisser un commentaire