Homélie du 11è  Dimanche du T.O.A ; 18.06.2023, « Reconnaissez que le Seigneur est Dieu»

Exode 19, 2-6a

Psaume 99 (100)
Romains 5, 6-11
Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 36-10,8

« Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie ! » Il faut une raison valable pour exprimer une telle attitude à l’endroit du Seigneur ; si notre relation avec le Seigneur ne nous apporte aucune satisfaction, il n’est pas si certain qu’on puisse lui accorder une importance aussi grande. Plus encore, le psalmiste demande à la terre entière d’acclamer le Seigneur, ce qui suppose que le Seigneur est au-dessus de toute la création, car nul n’est digne d’une telle acclamation s’il n’est au-dessus de tout. En réalité les premières lignes de ce psaume laissent présager une situation désagréable, de laquelle le Seigneur a libéré ceux auxquels le psalmiste s’adresse. Le texte donne l’impression d’une exigence de reconnaissance à l’endroit de ce Seigneur, sauveur et libérateur, ce qui n’est pas faux. En effet, ce psaume s’inscrit d’une part, dans la lignée des psaumes composés après le retour de l’exil à Babylone. Le peuple retrouve sa terre, sa culture et sa religion, et il rend grâce à Dieu pour ce miracle. D’autre part, la première lecture nous situe dans un contexte similaire : Dieu est le libérateur de son peuple. Il en a été le protecteur en le portant « comme sous les ailes d’un aigle » devant Pharaon en Egypte. La sagesse la plus élémentaire voudrait donc que l’on remercie notre bienfaiteur dans de circonstances pareilles, et le discernement le plus profond voudrait que l’on chante les merveilles au Seigneur pour ses bienfaits. Et le Seigneur lui-même nous donne le son d’alarme: « écoutez ma voix et gardez mon alliance (…) car toute la terre m’appartient ». Cette déclaration de Dieu affirme sa toute puissance et son emprise sur l’univers. Elle réaffirme, s’il en était encore besoin, que Dieu est le maitre de l’univers et que tout lui appartient, au ciel et sur la terre ; comment peut-il en être autrement, puisque même les plus grands cercles philosophiques s’accordent à accepter l’existence, d’une puissance créatrice inaccessible par le seul entendement humain ? Une chose essentielle manque encore à l’orgueil de ce monde ; c’est de reconnaitre que cette puissance créatrice, c’est le Seigneur Dieu de l’univers.

« Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. » C’est ici que tout s’éclaire avec notre psalmiste qui crie au monde entier la puissance de ce Seigneur Dieu, dont nous sommes les créatures. Même dans nos relations humaines, si nous appartenons à une personne, c’est bien parce que cette dernière nous accorde toujours le bonheur et la paix du cœur. Son souci permanent est que nous soyons toujours heureux et épanouis ; c’est le dessein de Dieu. Il nous veut toujours heureux dans toutes les circonstances de notre vie, et il chemine avec nous, comme il l’a fait avec son peuple, de l’Egypte jusqu’à la terre promise. Il veut que chacun de nous construise son histoire avec Lui, à condition de le reconnaitre, comme le Seigneur Dieu de l’univers. C’est le premier article de la foi, c’est le premier article de tous les commandements. Celui qui ne reconnait pas que Dieu est le créateur de l’univers, ne recevra rien de Dieu, car il se met déjà en marge de sa bonté et de son amour.

«Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âgeLe psaume se termine par une affirmation qui dit le résultat d’une expérience vécue avec le Seigneur. Peut-on porter une appréciation sur quelqu’un sans avoir au préalable été en contact avec la personne ou sans connaitre cette personne ? Surement pas ! Celui qui affirme que le Seigneur est bon doit avoir des raisons humaines et spirituelles qui justifient son affirmation. De même que l’être humain apprécie ses semblables au terme des fruits reçus de la relation mutuelle, de même notre comportement dans la relation avec Dieu, car c’est au terme d’une transformation heureuse après la prière que nous qualifions souvent Dieu de bon. Or si le psalmiste qualifie le Seigneur de bon, d’éternel son amour et de fidèle d’âge en âge, ce n’est pas seulement au terme d’une histoire, mais c’est bien au début de l’histoire de l’humanité : c’est la nature de Dieu d’être Bon et Miséricordieux. C’est ainsi qu’il s’est présenté Lui-même à Moïse, dès l’origine de l’histoire avec son peuple. Et toute cette bonté s’est manifestée par sa patience envers l’homme qui s’est parfois désolidarisé de l’amour de Dieu par des modes de vie contraires à cet amour: jalousies, calomnies, rancunes, complexes…et comme le dit saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche, le Christ est la preuve de l’amour de Dieu au milieu de nous : «la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » Pécheurs, nous le sommes toujours, et pourtant Dieu demeure fidèle à son amour à travers son Fils qui, dans l’évangile, envoie des hommes pécheurs, choisis comme apôtres, c’est-à-dire comme annonciateurs de son amour, des hommes auxquels le Christ a remis tout ce qu’il a reçu comme pouvoir de son Père. Nul ne peut poser un tel acte s’il n’a pas le pouvoir sur toute la création. Nul ne peut donner « le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité », de ressusciter les morts, s’il n’est pas le Seigneur Dieu. alors, en toute humilité, reconnaissons que le Seigneur est Dieu, il nous a faits et nous sommes à Lui.

Pata KANGUE, CSSp

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