Dieu est aussi dans mon prochain – Homélie du Vendredi de la 20è semaine du Temps ordinaire, 21.08.2020 Année A

Dieu est aussi dans mon prochain – Homélie du Vendredi de la 20è semaine du Temps ordinaire, 21.08.2020 Année A
Group of people holding hand together in the park

PREMIERE LECTURE – Lecture du livre du prophète Ezékiel 37, 1-14
Psaume 106(107) « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! »
Evangile de  Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 34–40

Aimer son prochain comme soi-même ! Jamais un exercice n’a été aussi difficile que celui-là, car il fait ressortir à nos propres yeux l’impossibilité d’un amour fondé sur le dépouillement affectif de soi au profit du prochain. Il montre aussi a priori la subjectivité de notre amour facilement accordé à ceux qui nous sont proches, parce relevant de notre univers naturel de vie.

Aimer Dieu n’a jamais été un obstacle pour l’être humain, pas plus pour les docteurs de la loi qui méditaient jour et nuit ce premier article du décalogue (dix commandements). Il est facile d’aimer Dieu qu’on ne voit pas, d’ailleurs, tant qu’ilreste loin de notre champs visuel, notre cœur chantera sans fin son amour, ses merveilles et ses louanges, puisque l’absence d’un contact humain avec Dieu annule toutes les contraintes qu’un amour envers le prochain peut exiger.

L’évangile désigne d’abord, la relation entre Dieu et l’humanité, encore appelée relation verticale. C’est ici le sens de la première partie de la réponse du Christ : aimer Dieu de toutes ses forces. Toute relation prend son fondement dans l’amour de Dieu pour l’humanité qui en définit les règles telles qu’établies dans la loi. C’est pour cette raison que le docteur de la loi lui-même fait référence à cette loi, sous-entendue loi de Dieu transmise par Moïse ; convaincu que rien ne devrait se faire par l’homme sans cette loi. C’est parce que Dieu a aimé son peuple qu’il lui a donné vie, et ce peuple en retour doit aimer Dieu en respectant ses commandements ; or on ne peut pas aimer Dieu sans une expérience humaine qui exprimecet amour dans sa forme la plus concrète.

La deuxième étape désigne la relation entre les humains, encore appelée relation horizontale. L’amour que nous avons pour Dieu doit se réaliser dans le vécu quotidien au cœur de nos relations interindividuelles. C’est le sens de la deuxième partie de la réponse que le Christ donne au docteur de la loi. Comme dans la parabole du bon samaritain, le prochain n’est pas seulement celui qui vient vers moi, c’est aussi et surtout celui dont je me fais proche dans un élan de solidarité et de charité objective. Si le Dieu de notre foi n’est pas réel dans nos faits et gestes de tous les jours, il reste le Dieu de nos théories. Le prochain nous montre le visage de Dieu sous une autre forme, une forme que nous évitons parfois de voir : une situation qui nécessite notre attention

Père  Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp​
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    Et c’est bien là la difficulté, cher Père Etienne, comme vous le faites remarquer! Aimer Dieu, qui est dans les cieux n’est pas très contraignant et, de plus, la relation à Lui peut vite libérer tous nos fantasmes.Aimer le prochain”lointain”, ça va encore. Quelques gestes de solidarité quand cela s’avère nécessaire, et nous voilà tranquilles à bon compte.Mais aimer le prochain qu’on voit tous les jours, avec qui on vit parfois, l’aimer tel qu’il est et, de plus l’aimer comme soi-même, c’est une autre paire de manches! Et pourtant, c’est indissociable de l’amour dont nous devons aimer Dieu “qu’on ne voit pas”! On a encore du chemin à faire, je crois! Merci Père Etienne

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