Devenir apôtre de la miséricorde – Homélie du lundi de la 25è semaine du Temps ordinaire, 21.09.2020 Année A

Devenir apôtre de la miséricorde – Homélie du lundi de la 25è semaine du Temps ordinaire, 21.09.2020 Année A

Saint Matthieu, apôtre et évangéliste

PREMIERE LECTURE – Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Ephésiens 4, 1-7.11-13
Psaume 18 (19) « Par toute la terre s’en va leur message.»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9, 9-13

« Ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » c’est trop demander à nos corps bruyants et à nos esprits impatients de faire preuve de douceur, plus encore de se supporter les uns les autres, tant nos caractères sont contradictoires et parfois incompatibles. Dans notre monde des humains où la course effrénée à la réalisation de ses buts est le leitmotiv de notre quotidien, il n’y a que peu de place pour la prise en compte des besoins des autres. La vie elle-même ne semble faire de cadeau à personne, ce qui rend difficile les dispositions de douceur, de patience et même de tranquillité pour une paix commune. Il faut s’appeler Jésus pour pouvoir supporter de nature humaine parfois en dehors des normes. Paul, jadis persécuteur du Christ et devenu apôtre par la grâce du Christ Lui-même en sait quelque chose, tout comme Matthieu, jadis publicain (collecteur d’impôts) dont la fonction n’est que peu enviable en raison des pratiques peu commodes, en sait également long sur la grâce du Christ qui vient de le choisir pour en faire son apôtre.

En vérité, il n’ya de vrai miséricorde que celle qui vient de Dieu, parce qu’elle rappelle à l’homme que la sainteté véritable se trouve dans le pardon du Seigneur qui a fait le ciel et la terre. C’est la leçon que Jésus donne dans l’évangile d’aujourd’hui. A notre jugement rude envers les autres, le Christ apporte un regard de compassion et en épousant la condition malheureuse de ceux qui ont été déclarés impurs par notre intolérance : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades», simple cohérence !

« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Question des pharisiens aux disciples de Jésus, question reflétée par nos actes qui s’érigent en donneurs de leçons et qui nous éloignent de la raison qui fait de nous des membres du Corps du Christ. Dans ce corps, «  À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ », selon saint Paul. Ce qui veut tout simplement dire que quelque soit ce que chacun de nous est, chacun reçoit le pardon et la vie en Jésus selon la bonté de Dieu. C’est finalement la réponse que le Christ donne à nos questions de pharisiens, en termes de recommandations pour que nous devenions des apôtres de la miséricorde: « Allez apprendre ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Pata KANGUÈ, Cssp.
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La publication a un commentaire

  1. Thérèse Moreau

    C’est déjà un fameux signal que donne le Christ en appelant un publicain à sa suite.On pourrait dire que Jésus n’est pas très regardant dans ses choix et ses fréquentations. Pourtant, comme vous le faites bien remarquer cher Père Etienne, c’est bien là le comportement du Fils d’un Dieu de miséricorde.Il appelle chacun tel qu’il est et où qu’il soit: Toi, viens, suis-moi! Il ne cherche pas le plus ( .
    ou la plus) vertueux, le plus compétent, le plus méritant. Il appelle, voilà tout! Et il appelle en connaissance de cause ( lui seul sait ce qu’il y a dans l’homme). Il nous destine chacun et chacune à marcher à sa suite et à devenir ses témoins. Qu’allons-nous devoir laisser pour nous lever et le suivre? Merci Père Etienne.

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