la leçon du maitre – Homélie du Jeudi dans l’Octave de Pâques, 16.04.2020 Année A

la leçon du maitre – Homélie du Jeudi dans l’Octave de Pâques, 16.04.2020 Année A

Première Lecture : Lecture du livre des Actes des Apôtres 3, 11-26
PSAUME 8  «Ô Seigneur notre Dieu, qu’il est grand, ton nom,par toute la terre !»
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 35-48

 

« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Il y a effectivement de quoi être bouleversés, de quoi répliquer à Jésus : et pourquoi ne pas être bouleversés face à un revenant, fut-il le Maître ?

Chronologiquement, nous sommes encore bien loin de l’époque des prouesses de Pierre. Ce dernier, comme tous les autres disciples, doit d’abord passer l’épreuve de la foi en la résurrection, en affrontant le Christ ressuscité face à face. Et l’occasion est donnée à chacun de montrer sa fidélité envers le maitre. Mais Jésus n’est pas dupe, il sait qu’il s’adresse à des disciples qui ont besoin d’être investi de son Esprit avant toute chose.

La pédagogie du Christ commence par la preuve matérielle de sa résurrection. Comme avec l’incarnation où il a pris corps en sa mère, il entre dans l’univers corporel de chacun de nous afin de nous ramener à Lui. Le toucher constitue l’un des éléments essentiels de son existence physique et la logique se dégage d’elle-même ; un esprit n’a ni chair, ni os. Les autres gestes ne sont pas du reste: Jésus invite les disciples à le regarder de près, ensuite il se livre à l’exercice du repas.

« Pourquoi êtes-vous bouleversés ? » malgré toutes les preuves physiques de la résurrection du Christ, les disciples en redemandent encore, « ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ». Comment ne pas être bouleversés, abasourdis que nous sommes, par les lourdeurs de notre quotidien ? Le Christ se présenterait devant nous qu’il passerait inaperçu, tant nos préoccupations sont ailleurs ; concentrées qu’elles le sont, à la recherche des réponses de « l’ici et du maintenant », des situations complexes de notre vie. Des raisons de bouleversement, le monde en ce moment a donc de quoi faire !

C’est  justement de ce monde dont le Christ s’occupe encore, même après sa résurrection en rendant chacun de nous témoins de sa présence. Le Christ a besoin des disciples capables de porter à l’humanité sa parole, sans honte, ni crainte (cf. première lecture), et l’humanité a besoin des chrétiens participants d’un monde qui grandit dans la foi, et se transforme sous le sceau du Christ                                                                                                                                                                                                                                                                                                    

Père Etienne KANGUE ESSIBEN, Cssp.
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Cet article a 3 commentaires

  1. Augustine bakop

    Bonjour mon père merci pour cette homélie. Jésus a accompli ce qui a été dit dans les écritures. Les apôtres ont eu la joie de sa résurrection et en même temps la peur de le voir en chair et en os leur demander à manger.
    Alléluia Jésus est vivant.

  2. ‘Le langage témoigne de l’appartenance intime et réciproque de la vérité et de la fidélité. Pas seulement en hébreu, dans la langue biblique où, comme on sait, les deux significations coïncident dans le mot ’emeth et dans ses dérivés comme ‘amen. C’est ainsi que l’allemand Treue. fidélité, d’où vient en français trève ( la confiance mutuelle qui permet la suspension des combats ), a la même racine que l’anglais truth, vérité.’
    Hans Urs von Balthazar, la demeure de la fidélité, revue communio mars 1976, p. 3. ( en accès libre sur le net ).

  3. Michel Sobgui

    Bonjour mon père, merci pour cette homélie, ces paroles de réconfort, d’espérance, dans la résurrection de notre seigneur Jésus et ce moment d’inquiétude pour l’humanité.

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