Homélie du 3è Dimanche de Carême B, 03.03.2024, « Quel signe… ? »

Exode 20, 1-17
Psaume  118 (119), 8-9. 10-11
1Corinthiens 1,  22-25
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean, 2, 13-25

«  Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus vient de réprimander les marchands du temple en leur reprochant de faire de la maison de son Père une maison de commerce. Et la question des Juifs semble exprimer la recherche en la personne de Jésus, de l’identité authentique du Messie. Car seul le Messie peut agir ainsi dans le Temple de Jérusalem, siège du Roi David. Les Juifs, dont certains sont les scribes sont bien au courant de l’épisode de l’annonciation où l’ange Gabriel avait annoncé à Marie que le fils qu’elle enfantera sera appelé Fils de Dieu, et que « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père. » Or le trône de David est bien Jérusalem dont le Temple est un axe essentiel et incontournable, puisque David est à la fois, Roi et Messie qui a main mise sur le Temple. De ce fait, Jésus doit donc justifier son comportement au Temple, par des signes palpables qui lui donnent autant d’autorité : «  Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »

Au-delà de cette question de la légitimité de l’action de Jésus au Temple, se trouve toute la question de la certitude de la présence du vrai Messie parmi nous ; quels signes Jésus peut-il nous montrer pour nous convaincre de son identité et de sa présence ? Cette question humaine manifeste de façon tacite, d’une part la peur de ne pas être devant le vrai Christ, et d’autre part,  notre fragilité humaine, toujours en quête de l’assurance de la présence du Seigneur, car si Jésus nous montre les signes de sa présence et de son action en nous, tous nos problèmes seraient résolus, selon notre conception. Et pourtant, être à la suite du Christ c’est accepter d’assumer une partie de sa souffrance, parfois jusqu’à l’extrême. Et c’est saint Paul qui nous rappelle à l’ordre ce dimanche. En effet, Paul dans la deuxième lecture procède par une ironie amère : « alors que les Juifs réclament des signes miraculeux(…), nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. » A dire vrai, qui de nous, même au nom de la foi, peut volontairement choisir l’aspect de la crucifixion dans la vie du Christ sans que cela ne soit un scandale et une folie pour son espérance ? Notre foi en Jésus-Christ  n’est pas assez mature pour combiner nos labeurs quotidiens et notre espérance ; alors, dans le but de trouver une sécurité, socio-culturelle, nous courons nous aussi, derrière les signes concrets de la présence du Christ dans nos vies.

Pata KANGUE , CSSp 

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